Ceux qui nous frappent de Anaïs Llobet

Publié le 29 août 2026 à 18:23

 

📖 L'histoire

Charles Levain, jeune trentenaire bien sous tous rapports, comparaît devant le tribunal de Rennes pour un motif inhabituel : harcèlement moral sur conjointe ayant causé son suicide. Son ex-compagne, la championne de boxe Sara Messina, s’est jetée dans les eaux de la Vilaine. Si Charles affirme que Sara était dépressive et qu’il tentait tant bien que mal de la soutenir, pour la mère de la victime, il est un homme violent et sa fille était sous son emprise. Quant aux amies de Sara, cela fait longtemps qu’elles ne croient plus à la justice. Mais elles ne laisseront pas Charles impuni.Les trois jours de procès autour de ce « suicide forcé » verront défiler à la barre experts, policiers et avocates – témoins parfois troubles de la détresse mais aussi du caractère impétueux et complexe de la boxeuse. Tous tenteront de répondre à l’épineuse question : qui a tué Sara ?Anaïs LLobet pousse dans leurs retranchements nos perceptions de la justice, de la violence et de la vengeance.

🎧 L'expérience 

En audio la voix de Zina Khakhoulia nous transporte directement dans cette salle d'audience. 

🎙La narration 

Lu par Zina Khakhoulia 

⏱️ Durée 

7h9

❤️ Mon avis 

 

Ceux qui nous frappent — Anaïs Llobet : un procès glaçant qui ne vous laissera pas indemne

Il y a des sorties littéraires qui attirent immédiatement l’attention. Ceux qui nous frappent d’Anaïs Llobet faisait partie de celles que j’avais repérées dans les sorties du mois d’août, notamment parce que l’autrice s’attaque à un thème encore peu abordé en littérature : le harcèlement moral ayant conduit au suicide.

Et je dois bien l’avouer : je ne m’attendais absolument pas à prendre une telle claque.

Grâce à la confiance des éditions Lizzie et de NetGalley France, j’ai eu la chance de découvrir ce roman audio quelques jours seulement après sa sortie. Et quelle découverte !

Trois jours dans la salle 403

Anaïs Llobet nous enferme pendant trois jours quasiment en huis clos dans cette fameuse salle 403.

Charles Levain y est accusé d’avoir poussé Sara Messina, sa compagne, au suicide.

À partir de là, nous assistons au procès.

Témoignages, interrogatoires, contre-interrogatoires… Les voix se succèdent et, petit à petit, les différentes versions des faits apparaissent.

Et c’est précisément là que le roman devient particulièrement intéressant.

Parce qu’Anaïs Llobet ne nous sert pas une histoire toute faite dans laquelle il serait facile de désigner les bons et les méchants.

Rien n’est tout blanc ou tout noir

Vous imaginez peut-être un roman féministe dans lequel les hommes seraient les bourreaux et les femmes systématiquement les victimes.

Détrompez-vous.

L’autrice nous propose un véritable procès, avec toute sa complexité, ses zones d’ombre et ses contradictions.

Charles et Sara sont tour à tour victimes, accusés, responsables et fragiles.

On doute.

On remet en question ce que l’on vient d’entendre.

On croit comprendre… puis un nouvel élément vient tout bouleverser.

Pour réellement saisir ce qui s’est passé, il faut écouter entre les lignes. Car dans ceux qui nous frappent, rien n’est simplement blanc ou noir.

Chacun a eu un rôle à jouer.

Et c’est cette ambiguïté qui m’a complètement embarquée.

Une immersion audio particulièrement réussie

Mais si le roman fonctionne aussi bien en audio, c’est également grâce à son interprétation.

J’avais découvert Claire Cahen avec Girl et Je voulais vivre et, en découvrant le résumé de Ceux qui nous frappent, je me suis immédiatement dit que c’était typiquement le genre de texte qui pouvait lui correspondre.

Mais très honnêtement, Zina Khakhoulia n’a absolument rien à lui envier.

Elle nous plonge dans cette salle 403 avec une intensité impressionnante. Les émotions passent dans sa voix et donnent encore davantage de relief aux témoignages, aux tensions et aux affrontements.

J’avais parfois réellement l’impression d’être assise dans la salle d’audience.

Et je dois vous avouer que l’immersion a été telle que j’ai vécu certaines scènes beaucoup trop intensément.

Un matin, en sortant mes chiens vers 4h30, j’étais tellement agacée par l’avocate de Charles que je me suis mise à l’insulter… à voix haute.

Heureusement qu’il n’y avait personne dans la rue pour me prendre pour une folle. 😅

Le genre d'audio qu'on ne veut surtout pas arrêter

Et puis il y a eu une première pour moi.

Pour la première fois depuis que j’écoute des livres audio, j’ai écouté un roman en faisant mes courses.

Il ne me restait que quelques minutes.

Quelques minutes seulement.

Mais je voulais tellement connaître la fin que je n’avais absolument pas envie d’attendre.

Sauf que ces dernières minutes ont été particulièrement intenses émotionnellement.

Le genre de moment où vous réalisez que vous êtes complètement happé par une histoire et que, quelque part, vous avez oublié que vous étiez simplement… en train de faire vos courses.

Un véritable coup de cœur

Ceux qui nous frappent  est un roman qui questionne, qui dérange et surtout qui ne vous donne pas toutes les réponses sur un plateau.

Anaïs Llobet nous pousse à écouter, à observer, à interpréter et à nous faire notre propre opinion.

Et surtout, elle nous rappelle qu’une histoire humaine est rarement aussi simple qu’on voudrait le croire.

Je ne vous révélerai évidemment pas l’issue du procès.

Parce que ce serait vous enlever une grande partie du plaisir de cette écoute.

Je vous recommande vivement de découvrir Salle 403, particulièrement en audio

Pour son sujet.

Pour son écriture.

Pour cette construction en huis clos qui nous enferme avec les protagonistes.

Pour l’interprétation de Zina Khakhoulia.

Et surtout pour cette capacité à nous faire douter jusqu’au bout.

Un énorme coup de cœur. ❤️🎧

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Commentaires

Amandine Stuart
il y a un mois

Ok tu m’as totalement convaincue, je fonce 🏃🏻‍♀️‍➡️

Un livre dans les oreilles
il y a 19 jours

Merci pour ton message, j'espère qu'il te plaira autant qu'à moi.